09.11.2007

Quelques métaphores...

... écrites par la promotion 2006-2007.

La carriole

Le vampire et la colombe

La marmite

Accueillir

Horizon

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02.07.2007

Diminuer le côut des soins grâce à l'hypnose

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14:50 Publié dans Les Articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

04.07.2006

The Neuroscience of Observing Consciousness & Mirror Neurons in Therapeutic Hypnosis 1 Ernest L. Rossi Kathryn L. Rossi Los Osos, CA

Cet article récent du Dr Ernest Rossi et sa femme Kathryn Rossi, est un extrait de leur prochain livre : The Breakout Heuristic.

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17:30 Publié dans Les Articles | Lien permanent | Envoyer cette note

Travail hypnotique d'Ernest Rossi, le 7 octobre 2005 à Rennes

En octobre 2005, Emergences a eu le plaisir d'accueillir Ernest Rossi... En attendant sa seconde venue à Rennes en décembre 2007, voici la transcription d'une démonstration que Rossi a réalisé avec un médecin souffrant de la maladie de Parkinson.

par Didier Seban (que nous remercions vivement pour son travail!)

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17:15 Publié dans Les Articles | Lien permanent | Envoyer cette note

À la recherche d'une Psychobiologie profonde de l'hypnose :

Notes du Traducteur Didier Seban :
surlignements + commentaires du traducteur + glossaire en fin de texte pour les mots soulignés par D.Seban ; en vert, les mots initialement mis en italiques par E.Rossi


Pour en savoir plus : http://www.ernestrossi.com/


Cette recherche des bases psychobiologiques profondes de l'hypnose commence par un examen de certains paradoxes de l'hypnose historique et des impasses de la théorie habituelle. Plus de progrès nécessiterait une recherche plus approfondie sur la façon dont les influences psychosociales peuvent moduler les mécanismes curatifs au niveau du système nerveux autonome, neuro-endocrinien et aux niveaux génétiques et cellulaires. La dynamique de la communication hypnotique thérapeutique est décrite comme allant du niveau cognitivo-comportemental au niveau cellulaire-génétique.

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16:30 Publié dans Les Articles | Lien permanent | Envoyer cette note

24.05.2006

Hypnose et Fécondation in Vitro

Pour lire l'article (en anglais) sur l'hypnose et la fécondation in vitro, cliquer ici

Cet article nous a été transmis par Fabienne Roelants, anesthésiste à Bruxelles (Belgique).

14:55 Publié dans Les Articles | Lien permanent | Envoyer cette note

30.03.2006

Métaphores et Anesthésie

Jean-Michel Hérin, anesthésiste au Groupe Saint Vincent à Strasbourg nous propose quelques jolies métaphores, très faciles à utiliser en Anesthésie.


L'étoffe

La montgolfière

le_kouglopf

09:10 Publié dans Les Articles | Lien permanent | Envoyer cette note

10.02.2006

Difficultés rencontrées pour la mise en place de l'hypnose au bloc opératoire

L. Delaunay*, F. Plantet**
* Département d’anesthésie réanimation, Clinique Générale – 74000 Annecy. ** Département d’anesthésie réanimation,
Centre Hospitalier Régional – 74000 Annecy

Récemment le conseil national de l’ordre des médecins s’est inquiété du développement de l’hypnose et a interrogé la Société Française d’Anesthésie sur l’opportunité de telles pratiques. Cela illustre bien l’image « foraine » pour ne pas dire négative que véhicule encore cette technique. Pourtant il existe une littérature importante ayant montré puis validé son intérêt dans de nombreux domaines notamment en ce qui concerne l’anesthésie et l’analgésie (1). Le côté “magique” qu’on lui prête, la crainte de la perte de contrôle, l’idée d’une soumission à une force occulte sont encore très fortement ancrées dans l’imaginaire collectif et génèrent autant de craintes que d’espoirs injustifiés. Avant toutes choses, il convient de rappeler que l’hypnose est un état de conscience modifié, particulier qui ne correspond pas à un état de sommeil, le patient restant vigilant et coopérant. En pratique on n’est jamais “hypnotisé”, on accepte qu’une tierce personne crée les conditions pour entrer « soi-même » en état d’hypnose. Il ne peut pas y avoir de processus hypnotique sans collaboration, motivation et confiance. L’hypnose n’étant finalement qu’un phénomène naturel
et banal de concentration mentale ainsi que l’a défini Ericksson (2).

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10:05 Publié dans Les Articles | Lien permanent | Envoyer cette note

31.01.2006

Dr Denis Vesvard - Notions récentes sur la Mémoire

TROIS POINTS de VUE sur la MEMOIRE

La mémoire est un phénomène essentiel qui intéresse de nombreuses disciplines. Les professionnels de santé (neurologue, psychologue, gérontologues, algologue, rééducateur fonctionnel, psychiatre, psychanalyste,..) sont très concernés par cette fonction essentiellement cérébrale qu’altèrent facilement de nombreuses pathologies. Mais d’autres professions tels les pédagogues, les cognitivistes, les juges, les biologistes, les philosophes, les politologues, les publicistes s’y intéressent aussi. Chaque professionnel développe un point de vue plus ou moins utile sur la mémorisation et l’oubli.
Sans prétendre à l’exhaustivité, nous avons étudié ces différentes perspectives et cherché dans ces multiples disciplines à repérer ce qui pourrait être profitable à la pratique des hypnothérapeutes à la fois pour étayer leurs techniques et pour en inventer de nouvelles.
Trois points de vue ont été retenus : celui -« pathologisant »- du neurologue, celui –utilitaire- du pédagogue et du psychologue et celui -biologique et philogénétique- du biologiste et du cognitiviste

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09.01.2006

Association et Dissociation

Dr Claude VIROT

Rennes - le 2/11/2005


Cet article fait partie des Actes du Congrès Hypnose et Dissociation (IFH-Paris, octobre 2004), à paraître. Pour plus d'informations, consultez le site http://www.hypnosemedicale.com/communications_colloques_2...

Association et dissociation

Hypnose et dissociation forment un couple solide, vieux de près d’un siècle, un vieux couple dans lequel ces 2 notions sont étroitement associées. Curieux, il est question de dissociation et déjà arrive son contraire : l’association. Est-ce si étonnant ? Nous serions bien en peine de dissocier des éléments qui ne sont pas préalablement associés. Le Larousse confirme cette hypothèse.
Associer signifie mettre ensemble, réunir.
Dissocier, séparer des éléments associés.
La dissociation est toujours relative: un élément ne peut être dissocié que par rapport à un autre. La dissociation est une dis- assocation.

Alors, la dissociation et l’association ne seraient-elles pas aussi un vieux couple dont on parle peu, comme s’il était tellement évident qu’il n’est plus nécessaire d’y prêter attention. Et pourtant à force de dissocier et de dissocier encore, il ne restera plus grand-chose, plus grand chose de vivant en tout cas...

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11:30 Publié dans Les Articles | Lien permanent | Envoyer cette note

Une notion fondamentale chez Erickson : L'individu dans son contexte

Claude VIROT


Chaque individu est unique

C’est un individu en souffrance qui se présente au thérapeute, souffrance qui dépasse ses capacités de tolérance puisqu’il consulte un thérapeute supposé expert dans la résolution de ces difficultés. Erickson pense qu’il faut faire confiance aux penchants naturels de l’individu, le respecter, se rapprocher de lui, en utilisant son langage pour traiter sa demande.

« Il croyait qu’il existe un noyau normal et sain dans chaque individu…. Il concevait de différentes façons comment le développement et la croissance peuvent être déformés et déviés, mais il était d’avis que c’était le rôle du thérapeute de ramener l’individu à sa route véritable personnelle. » (1 p.40)

Aucun individu n’est identique à un autre ce qui implique que chaque thérapie sera unique, mais ce qui doit aussi nous inciter à nous méfier des étiquettes que nous utilisons et derrière lesquelles nous oublions parfois qu’il existe une réalité humaine beaucoup plus complexe. L’intérêt de ces classifications réside dans un souci de rapprochement des manifestations pathologiques afin de pouvoir en parler et aussi pour pouvoir en tirer des enseignements statistiques mais il est indispensable de garder à l’esprit la réduction qu’elle entraîne. Lorsqu’il est question de relation et de thérapie cette attitude perd toute justification.

Le thérapeute fait partie de l’image qu’il voit du patient

La relation thérapeutique demande que nous acceptions le patient dans sa totalité. Il ne s’agit pas de prétendre à connaître et à maîtriser cette totalité : le thérapeute ne peut pas construire une image mentale exacte de la vision du monde du patient, de sa réalité interne et externe ; il connaît en fait très peu de cet individu qui lui fait face et pourtant il ne peut pas faire autrement que de se construire une certaine image de cette réalité : c’est une disposition fondamentale de notre esprit, c’est aussi une disposition indispensable dans un projet d’intervention thérapeutique. Ce que nous pensons être la réalité du patient n’est, en fait, qu’une partie de la réalité totale du patient, une image que nous avons construite à partir de notre observation et dans laquelle nous sommes inclus. Cette notion exposée par Von Foerster et l’école de la philosophie constructiviste de Vienne (2,3) doit être intégrée par tout thérapeute qui veut éviter d’imposer sa propre vision des choses et s’enfermer, sans espoir d’en sortir, dans ce qui n’est qu’une hypothèse.

La souffrance, élément de communication

Erickson pense que la souffrance d’un individu lui appartient en propre mais que cette souffrance à une place dans le système relationnel de cet individu, dans son contexte. Le plus souvent, au moins lors de son apparition, le symptôme a une valeur communicationnelle qui s’adresse à différents individus en interrelations avec le patient. Le symptôme peut être le témoin d’une souffrance du système comme dans la notion de patient désigné, mais le symptôme est souvent aussi l’expression d’une inadéquation de l’individu dans ce système, en particulier lorsqu’un changement intervient. Ces deux aspects ont servis d’axes de repérage à Jay Haley dans « un thérapeute hors du commun » (4). Les étapes de la vie que chacun doit passer sont, pour certains très difficiles à négocier car elles entraînent des changements, sources d’incertitudes et de résistances. Il en est ainsi, par exemple, de l’âge de la séduction à l’adolescence, du moment où un individu s’engage dans une vie de couple, de l’apprentissage à la fonction de parent ou de grand-parent. En permanence, « Erickson met l’accent sur l’étude du système humain concerné, c'est-à-dire sur le dialogue entre le patient, son symptôme et l’environnement dans lequel il évolue » (Benoit J.C., 5 préface).

Effet « Janus »

Le thérapeute doit donc respecter son patient dans sa totalité et dans cette notion de totalité il faut inclure le système interactionnel dans lequel il vit. Il n’est pas question dans cette attitude de nier l’individualité du patient mais de garder à l’esprit ce que Arthur Koestler (6,7) appelle l’effet Janus, nom de la divinité romaine à deux visages : chacun est en même temps un tout par rapport à lui-même et une partie d’un ou de plusieurs ensembles plus vastes. C’est une perspective hiérarchique dans laquelle la partie ne peut s’exprimer à la place du tout, conformément à la théorie des types logiques de Bertrand Russel (8).

L’individu est engagé dans plusieurs contextes, individuels, familiaux, sociaux… qui apportent autant de niveaux de communication ; la thérapie ajoute un contexte et donc un niveau de communication supplémentaire qui va lui-même entrer en interaction avec les précédents. C’est ainsi que le thérapeute établit une relation privilégiée avec son patient mais aussi, indirectement avec d’autres éléments qui font partie de son contexte vital.

Accepter la réalité du patient

Ne pas réduire ces différentes dimensions suppose de la part du thérapeute une attitude de reconnaissance et d’acceptation de la réalité du patient telle qu’il la présente même si elle semble difficilement recevable.

« Trop de thérapeute essayent de rassurer leurs patients ; ils essayent de déposséder leurs patients de la réalité de leur symptôme plutôt que d’accepter et de travailler avec cette attitude. » (9 p.61)

Que nous partagions ou non le point de vue du patient sur ses difficultés importe peu, ce qu’il exprime est vrai pour lui au moment où il en parle. Si un patient affirme : « Je suis très angoissé », même si votre analyse de la situation nous fait en douter, il est absurde de nier sa perception de la réalité. Lui affirmer : « Mais non, vous n’êtes pas angoissé, ce n’est rien » aurait la même pertinence que de dire à ce migraineux : « Vous n’avez pas vraiment mal à la tête ». Ceci aurait sûrement aussi le même résultat le patient irait voir un autre médecin plus compétent pour les problèmes d’angoisse.

Accepter le patient dans sa totalité c’est aussi accepter son langage ; Erickson veut dire que c’est au thérapeute de s’adapter au langage, au niveau de communication du patient. C’est le thérapeute le spécialiste en la matière.

« La psychothérapie concerne le patient dans son problème de départ. Souvenez vous bien de ceci. Nous avons chacun un langage individuel, et lorsqu’on écoute un patient, il faut l’écouter en sachant qu’il parle un langage étranger, sans essayer de le comprendre avec les mots de votre langage, il faut le comprendre avec son langage à lui. » (1 p.110)

Est-il pertinent de commencer une thérapie en demandant au patient de s’adapter au thérapeute, d’apprendre et de comprendre une terminologie dont il n’aura que faire par la suite ? Dans le meilleur des cas ce sont quelques mois de perdus, le plus souvent c’est un échec de plus pour le patient qui vient voir un thérapeute parce que, justement, il n’arrive plus à s’adapter.

Même lorsque la situation semble désespérée, Erickson reste convaincu de la possibilité d’aider un patient à réaliser ses potentialités ; l’histoire suivante nous montrera qu’il existe toujours de l’espoir.

Des réserves insoupçonnables

« Habituellement, j’envoie les patients alcooliques aux alcooliques anonymes parce qu’ils font avec eux un meilleur travail que moi. Un alcoolique vint me voir en me disant : "Mes grands-parents des deux côtés étaient alcooliques ; ma femme est alcoolique, et j’ai eu onze crises de delirium tremens. J’en suis malade d’être alcoolique. Mon frère aussi est alcoolique. Vous voyez, c’est une vraie mine pour vous ; qu’est ce que vous pensez pouvoir faire ? "
Je l’interrogeais sur son métier.

"Quand je ne bois pas, je travaille dans un journal. Et là, je suis confronté à l’alcool.
– Très bien vous voulez que je fasse quelque chose. Eh bien, ce que je vais vous suggérer de faire ne vous semblera pas être ce qu’il faut. Vous allez vous rendre au jardin botanique. Vous allez regarder tous les cactus qui s’y trouvent et vous émerveiller qu’ils puissent vivre trois ans sans eau, sans pluie. Et concentrez-vous bien."

Bien des années plus tard, une jeune femme vint me voir et me dit : "Dr Erickson, vous m’avez connue quand j’avais trois ans. J’ai déménagé en Californie quand j’avais trois ans. Maintenant je suis à Phoenix et je suis venue voir quel genre de personne vous êtes – à quoi vous ressemblez."
Je lui répondis : "Regardez moi bien, moi, je suis curieux de savoir pour quelle raison vous êtes venue me voir."
Elle rétorqua : "Quiconque envoie un alcoolique visiter un jardin botanique pour apprendre à se passer d’alcool, et qui réussit, est le genre de personnage que j’ai envie de voir ! Mon père et ma mère sont restés sobres après que vous ayez envoyé mon père au jardin botanique."
"Que fait maintenant votre père ?"
"Il travaille pour un magazine, il a quitté le journal. Il dit que le travail dans un quotidien comporte un risque d’alcoolisation."

Eh bien, c’est une manière élégante de guérir un alcoolique. Lui inculquer le respect des cactus qui peuvent vivre trois ans sans pluie. Vous voyez, vous pouvez vous inspirer de vos manuels. Aujourd’hui vous consulterez plutôt celui-ci, demain, plutôt celui-là. Ils vous diront de faire ceci ou cela. Mais pour l’instant vous devriez regarder votre patient pour supputer quel genre d’homme – ou de femme – est-ce, puis prendre avec lui la direction qui convient à son problème particulier. » (1 p.75)


Bibliographie
1. PRIGOGINE I., STENGERS L., La nouvelle alliance, Paris, Gallimard, 1979
2. FOERSTER H. Von, Note pour une épistémologie des objets vivants, In MORIN E., PIATELLI PALMARINI M., L’unité de l’homme. Paris, Ed du Seuil, 1974, 401-407.
3. FOERSTER H. Von, La construction d’une réalité, In WATZLAWICK P., L’invention de la réalité. Paris, Ed du Seuil, 1988 ; 45-69.
4. MALAREWICZ J.A., GODIN J., Milton H. Erickson ; de l’hypnose clinique à la psychothérapie stratégique, Paris, ESF, 1986.
5. HALEY J., Uncommon therapy : The psychiatric techniques of Milton H. Erickson, New-York, Norton, 1973.
Traduis en Français : Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson, Paris, EPI, Desclée du Brouwer, 1984.
6. KOESTLER A., Le cri d’Archimède, Paris, Calmann-Lévy, 1965
7. KOESTLER A., Janus. Esquisse d’un système, Paris, Calmann-Lévy, 1979.
8. WHITEHEAD A., RUSSEL B., Principia Mathematica, Cambridge, Cambridge University Press, 1910-1913.
9. ERICKSON M. H., Healing in Hypnosis, The Seminars, Workshops and Lectures of Milton Erickson, New-York, Irvington, 1983, Vol. 1.
Traduis en Français : L’hypnose thérapeutique, Paris, ESF, 1986.

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Une notion fondamentale chez Erickson (2): L'inconscient

Claude VIROT




Non-conscient

Nous allons parler ici d’inconscient mais nous n’y trouverons pas les données classiques des autres écoles. Erickson emploie souvent ce terme qui doit être pris dans le sens de non-conscient, le conscient étant défini comme ce qui est directement accessible à notre système de pensée rationnelle et discursive parfois appelé « la raison ».

Le conscient contient ce que nous savons que nous savons et que nous pouvons choisir d’utiliser ou non selon les circonstances ; c’est aussi ce que nous pouvons reproduire à volonté, ce que nous pouvons analyser et transmettre.

Inventaire

L’inconscient est ce que nous ne savons pas que nous savons ; ce sont les règles sociales et culturelles que nous utilisons, spontanément, dans toutes nos relations et que nous serions bien en peine d’énoncer ; ce sont les expériences passées que nous pensons avoir oubliées, les sentiments et émotions qui les accompagnaient dont une empreinte fidèle est conservée, comme les expérimentations en état d’hypnose l’ont prouvé ; ce sont nos gestes, actes, comportements soit automatiques s’ils ont d’abord été volontairement appris puis engrammés pour qu’ils puissent être effectués sans occuper la conscience, soit involontaires s’il n’y a jamais eu passage par la conscience ; c’est encore l’essentiel du langage non-verbal qui est un appareil de communication complet pouvant se suffire à lui-même ou accompagner le langage verbal et qui est au cœur de toutes nos relations.

Voici un passage d’une conférence d’Erickson qui illustre un aspect de cet inconscient.

« Prenez la personne qui apprend à conduire une voiture : "Maintenant voyons… Je mets mon pied gauche sur la pédale d’embrayage… Je mets mon pied droit que la pédale d’accélérateur… Je tiens le volant de cette façon… Oh, il vaudrait mieux que je mette la main droite un peu plus bas que la gauche – ou c’est le contraire ! Et maintenant, je peux démarrer la voiture." Et cette personne parcourt les étapes de cette laborieuse et consciente procédure d’analyse de son comportement jusqu’à ce qu’un jour elle prenne sa voiture et traverse toute la ville en pleine circulation, tout en parlant avec une charmante amie. Et il est tellement surpris de se retrouver devant le bon garage parce qu’il ne savait même pas qu’il était de l’autre coté de la ville. Apparemment, il a conduit avec prudence sans recevoir de contraventions ; pourtant, il ne pouvait pas se souvenir d’avoir traversé cette partie de la ville, parce qu’il était tellement absorbé. D’une certaine façon, il était en train de conduire sa voiture à un niveau inconscient, tout en dirigeant son attention consciente vers la conversation. » (1 p.21)

Beaucoup de nos actes quotidiens se font ainsi de façon automatique, heureusement pour nous, mais il en est de même pour beaucoup de nos comportements et, là encore, heureusement, le problème est que nous ne savons plus que nous avons appris tout cela et nous finissons par penser que nous ne pouvons pas faire autrement.

Ce n’est pas une définition théorique qui s’intégrerait dans un schéma général du fonctionnement psychique. Il n’est ici question que de poser une limite entre ce qu’un individu sait faire et sait comment il le fait, et ce qu’il sait faire sans savoir comment il le fait, voire même ce qu’il ne sait pas qu’il sait faire. Il s’agit d’un principe explicatif.

Positif

Cet inconscient prend toute sa valeur par son caractère fondamental : il est positif ; « c’est un immense magasin de solutions et de ressources » dans lequel l’individu va pouvoir puiser pour résoudre ses difficultés. Comme dit J. Godin (2 p.58) : « Pour Erickson, l’inconscient est le lieu où le sujet peut trouver, avec l’aide contextuelle du thérapeute, les solutions à ses problèmes, solutions non utilisées à cause des limites dues aux apprentissages conscients du sujet ».

Actif

Il protège toujours la personne, activement : « Je pense qu’il faut que vous vous rendiez compte que l’inconscient de l’être humain est quelque chose d’assez compréhensif… L’histoire biologique de la race humaine nous révèle qu’un grand nombre de comportements ne viennent jamais à la conscience, pourtant ils sont largement utilisés pour gouverner les personnes. » (1 p.21) C’est pourquoi, en état d’hypnose, c’est une réponse inconsciente qui est recherchée car pertinente pour le sujet dans sa totalité.

Interactif

Conscience et inconscience sont en permanente interaction et échangent des informations. L’inconscient est à la disposition du conscient afin que nous puissions avoir un comportement et des réponses adaptées à la plupart des situations, en tous cas, à celles que nous connaissons déjà et à celles qui, fondamentalement, diffèrent peu de notre expérience. Il peut gérer plusieurs niveaux de communication simultanément, s’enrichit chaque jour de nos nouvelles expériences et est ainsi mieux à même de répondre aux nombreuses situations que nous traversons. Le conscient fournit des réponses élaborées en tenant compte de notre inconscient. Par contre, les élaborations abstraites qui ne nous engagent pas dans nos interrelations, par exemple, les raisonnements mathématiques peuvent être d’origine consciente.

Fiable

Pour Erickson il est évident que cet inconscient mérite toute notre confiance et il est important d’apprendre à le laisser s’exprimer et à l’écouter. C’est dans l’inconscient que sont enregistrés nos cadres de références et c’est seulement en les respectant que notre évolution pourra être pertinente pour nous. Dans la thérapie ce ne seront donc pas les valeurs de référence du thérapeute qui seront utilisées mais celles du patient, exprimées par son inconscient. Cette condition est essentielle pour qu’un changement soit acceptable et puisse devenir permanent.

Langage spécifique

Tout l’art d’Erickson a été d’affiner le processus royal d’accès à l’inconscient qu’est l’hypnose et son génie a été de comprendre puis d’utiliser le langage spécifique de l’inconscient. En effet, la transe hypnotique est considérée depuis longtemps comme une ouverture sur l’inconscient et pourtant les moyens de communication employés n’ont jamais étés adaptés au système auxquels ils s’adressaient, comme si conscient et inconscient utilisaient un seul et même langage.

Utiliser ce langage dans l’hypnose

Depuis Freud, les rêves sont considérés comme le langage de l’inconscient ; les rêves sont du langage analogique par excellence c'est-à-dire du langage où « les signes ont un rapport immédiatement évident avec ce qu’ils signifient par le biais d’une ressemblance ou analogie » (3 p.23). L’autre modalité, que nous employons actuellement, est un langage digital dans lequel « la communication s’établit grâce à un signe dont le rapport avec la signification donnée est de pure convention » (id). Cette coexistence de deux langages a donné à penser qu’ils étaient d’origine différente : le langage digital étant le mode d’expression du conscient, le langage analogique celui de l’inconscient. Nous retrouvons freud. Connaissant la voie d’accès à l’inconscient, son langage, il n’a pourtant jamais associé ces deux notions limitant ainsi la portée de sa pratique de l’hypnose.

C’est Erickson qui va comprendre que, si l’inconscient communique par des rêves, par des images, par du langage analogique, c’est probablement ce même langage qu’il convient d’employer lorsque l’on souhaite s’adresser à lui dans l’hypnose. L’utilisation du langage digital qui dirige au lieu de suggérer était donc une erreur.

C’est ainsi qu’il va se mettre à utiliser des images, des métaphores, mais aussi le langage non-verbal. Ces différentes modalités seront reprises plus loin, retenons ici qu’Erickson les utilisaient préférentiellement car plus pertinentes pour l’inconscient.

Erickson utilise au maximum cette disposition de l’inconscient à l’activité et à la positivité puisqu’il incite même les thérapeutes à fonctionner avec leur propre inconscient. C’est ainsi qu’il préconise au thérapeute d’entrer lui-même en transe et de laisser son inconscient travailler et faire les propositions thérapeutiques les plus adaptées.

Logique spécifique

Si l’inconscient a son langage, il a aussi une logique interne différente de la logique rationnelle consciente. Elle apparaît, par exemple, dans sa capacité à percevoir simultanément plusieurs sens possibles dans une communication, en fonction des différents contextes dont il dispose, et à choisir ensuite une réponse dite multi-contextuelle car elle pourra avoir plusieurs sens, chacun étant pertinent avec un contexte. Face à une situation, deux réponses opposées peuvent ainsi se trouver en compétition. Elle apparaît aussi dans sa capacité à généraliser une compréhension ou un changement par contamination.

La souffrance, le symptôme, la maladie surviennent lorsque les données conscientes de la réalité externe ne peuvent être intégrées aux données inconscientes de la réalité interne pour avoir une réponse adaptée à une situation nouvelle. Le symptôme devient l’expression d’un trouble de la communication interne, entre nos différents niveaux d’intégration, à l’intérieur du système qu’est l’individu.


Bibliographie
1. ERICKSON M. H., Healing in Hypnosis, The Seminars, Workshops and Lectures of Milton Erickson, New-York, Irvington, 1983, Vol. 1.
Traduis en Français : L’hypnose thérapeutique, Paris, ESF, 1986.
2. MALAREWICZ J.A., GODIN J., Milton H. Erickson ; de l’hypnose clinique à la psychothérapie stratégique, Paris, ESF, 1986.
3. WATZLAWICK P., Le langage du changement : éléments de communication thérapeutique, Paris, Ed du Seuil, 1980.

07:55 Publié dans Les Articles | Lien permanent | Envoyer cette note